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Rencontre avec le Domaine Thomas K

Actualités

03 mars 2021

Rencontre avec le Domaine Thomas K
 
 






Comme le dit si bien l’adage, jamais deux sans trois ! C’est donc en compagnie de Thomas Klein que nous vous invitons à boucler la boucle des articles sur les viticulteurs de la vallée.
L’endroit n’est plus un secret car c’est également à Albé que Thomas et sa famille sont installés depuis….. et bien je ne sais pas, mais nous découvrirons ça dans les lignes à venir.

 
Thomas est un jeune viticulteur dynamique, passionné par son métier et curieux de découvrir de nouvelles techniques ou méthodes pour faire de son vin un produit original et apprécié.
Nous le rencontrons aujourd’hui, chez lui, à Albé !

 
Bonjour Thomas,
Je vais commencer par te poser les questions basiques mais qui permettront aux gens de comprendre qui tu es.
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots, nous dire depuis combien de temps le domaine Thomas K existe et comment est née cette idée et cette envie de créer un domaine viticole dans la vallée de Villé ?

Bonjour Geoffrey,
Je m’appelle Thomas, j’ai 29 ans, pur produit albégeois, et je suis vigneron depuis 5ans. L’amour de la nature et du raisin m’est venue dès mon plus jeune âge. En effet, tout petit mon grand-père, viticulteur, m’emmenait déjà dans ses vignes, à la Schrann notamment, pour m’apprendre la taille et les vendanges. Mon futur métier était pour moi une évidence. Suite à l’obtention de mon BAC Pro conduite et gestion d’exploitation viticole option vigne et vin j’ai eu la chance de partir 1an en Bourgogne dans un domaine où j’ai pu apprendre les secrets de la viticulture, des différents terroirs et de l’œnologie. Je n’avais qu’une hâte, rentrer en Alsace pour me lancer dans ma propre aventure.
Mes parents, viticulteurs, possédaient déjà à ce moment-là, 5 hectares de vignes destinés aux négociants. Une belle opportunité s’offrait à moi : poursuivre leur travail, nous agrandir et créer mes propres cuvées. 
 En 2015, le domaine Thomas K a vu le jour. Depuis, j’ai eu la chance de réaliser mon rêve : produire mes propres bouteilles avec le soutien et l’entraide de mes parents. Retraités aujourd’hui, ils restent néanmoins très actifs au sein du domaine.
Mon papa se consacre plus particulièrement à la vigne et aux différents travaux que s’y rattachent, comme la taille, le tirage de bois, l’arquage, le palissage … tandis que ma maman s’occupe de l’administratif et de la comptabilité ce qui me permet de me consacrer à la conduite du vin en cave.
 
 
 
Est-ce qu'il y a d’autres collaborateurs qui composent l'équipe ?
Depuis le 1er novembre, Laurence a rejoint l’exploitation afin de soutenir la vente mais aussi de développer le marketing et l’œnotourisme.
Sa spontanéité et sa créativité permettent au domaine de se faire connaître sous d’autres aspects et d’être plus présent sur les réseaux sociaux. La crise sanitaire a mis en évidence la nécessité de communiquer autrement.
C’est à Laurence que vous devez notamment la composition des box mets et vins que nous proposons désormais chaque mois avec des produits de saisons de la Vallée de Villé.
Elle travaille actuellement sur de nombreux évènements, dans le respect des règles sanitaires, que l’on espère pouvoir vous proposer dès l’arrivée des beaux jours.
Retrouvez-la aussi, comme rédactrice loufoque dans « la popote de Lolotte », une rubrique dédiée aux fins gourmets, proposant chaque mois une recette de terroir et de saison.
( https://www.domaine-thomask.fr/ )

Je sais que tu as une vision de la viticulture qui t’est propre et qui est même pour certains, très (trop) moderne et innovatrice.
Avant de nous pencher sur ta vision de la viticulture, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton vignoble ? Sur combien d’hectares travailles-tu et quels cépages cultives-tu ?

Aujourd’hui j’ai la chance de posséder 10 hectares de vignes. Je cultive l’ensemble des cépages Alsaciens sauf le Muscat.
L’essentiel de mon vignoble se trouve à Albé mais je possède également des vignes à Nothalten, Bernardvillé et Villé. Et oui pour ceux et celles qui l’ignorent, Villé est bel et bien une commune viticole. Peut-être, un jour, naîtra, au domaine Thomas K, « la cuvée des Villois ».


Agriculture bio, raisonnée, conventionnelle… Il y a aujourd’hui tellement de méthodes de culture.
Je crois que tu es labellisé de plusieurs marques et valeurs écologiques, tu peux nous en parler et nos dire quelles sont tes valeurs en terme de culture ?

Actuellement je cultive mes vignes de manière raisonnée, soucieux de préserver le terroir et la biodiversité. J’ai conscience que la particularité de nos vins est indissociable de la qualité du sol Albégeois et en ce sens je veille à le respecter, limitant au maximum les intrants avec une pratique peu dégradante pour l’environnement.
Depuis 2020, le domaine est labellisé « Haute Valeur Environnementale », une certification dont je suis très fier. Si le domaine n’est pas certifié Bio aujourd’hui, c’est une direction vers laquelle nous nous dirigeons progressivement.



 
 
 
 
Je parlais avant de ta vision novatrice de la viticulture. Tu as beaucoup d’idées et surtout, le courage de les essayer.
Est-ce que tu peux nous parler un peu de tout ça et nous dire comment sont accueillies tes idées dans cet univers un peu conservateurs de la viticulture alsacienne ?


En Alsace, la culture du vin est conditionnée par une forte tradition qui laisse peu de place à l’innovation. J’ai fait le choix de me détacher de ces conventions pour développer une gamme de vin atypique en adéquation avec mon caractère.
Dans ce sens, je n’ai pas eu peur de casser les codes en proposant à la vente des vins de qualité en bag in box (cubis) jusque-là peut présents en Alsace. Ce projet non conventionnel a suscité dans un premier temps de nombreux débats. Mais aujourd’hui, il arrive que l’on me sollicite pour avoir des conseils sur ce conditionnement. En effet, la situation est quelque peu cocasse …
Je vais maintenant te raconter une anecdote Geoffrey. Un jour, mon ancien patron m’a dit : « Il n’y a que les illuminés qui ont progressé Thomas. » Cette phrase a pris tout son sens dans mon esprit de jeune vigneron et j’ai ainsi décidé de devenir un « Illuminé » et non un vigneron conventionnel. Cela fonctionne plutôt bien jusqu’à aujourd’hui.





Comme dans beaucoup de corps de métier, on note une différence de méthode entre l’ancienne et la nouvelle génération ! Comment se passe les échanges pères/fils au domaine Thomas K ?
Mon papa me soutient dans mon travail, dans mes choix et dans mes futurs projets même si quelques fois nos deux caractères affirmés peuvent laisser quelques grains de raisin par terre (rire)

Est-ce que ton papa était viticulteur avant que tu n’ouvres le domaine ?
Non, il était exploitant forestier. Mes parents étaient viticulteurs, producteurs de raisin autrement nommé, ils donnaient l’intégralité de leur récolte aux négociants. A cette époque c’était, ma maman qui gérait en partie le travail de la vigne. Le domaine est né en 2015, suite à ma rentrée de Bourgogne.



Et la production !
Tu vinifies toi-même ton vin. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment se passe tout ça ! Pour situer correctement le contexte, nous pouvons dire que tout commence après les vendanges, une fois que le raisin est récolté. Et après ?

Geoffrey on ne-t-a jamais dit que le succès des vins se travaille dans le secret… J’accepte cependant de t’en livrer quelques-uns.
En effet, après les vendanges, le raisin récolté entre en cave et c’est à ce moment-là qu’à lieu la vinification : le processus visant à transformer le jus de raisin en vin.
Il comporte plusieurs étapes cruciales. En fonction de la technique de foulage, de pressurage, de macération ou de fermentation que j’entreprends le vin sera blanc, rouge ou rosé, sucré ou sec. C’est notamment à cet instant que mon savoir-faire, ma passion et mon caractère me permettront d’élaborer des vins uniques et atypiques.  C’est une des choses que je trouve merveilleuse dans mon métier. Selon moi, l’étape la plus importante dans la fabrication d’un vin de caractère est celle de l’élevage. Il m’arrive de laisser vieillir certains de mes vins dans des cuves en inox, se sont en général des vins de fruits, et d’autres dans des barriques afin d’y développer de nouveaux arômes et d’y laisser la structure évoluer pour me rapprocher au plus du caractère désiré pour ma future cuvée.


Combien de bouteilles sont produites par an au Domaine Thomas K ?
Nous produisons entre 25000 et 30000 bouteilles par an au domaine.

Tu peux nous parler un peu de ta gamme de vins ?
Mon meilleur souvenir chez toi, le pipi d’ange !

Possédant un terroir d’exception, nous souhaitons, à travers nos vins, restituer au mieux la particularité naturelle de nos terres de schiste.
Nos vins sont précis, ils portent en eux une vraie singularité ainsi qu’une belle minéralité. 
Notre gamme « terre de schiste » vous propose des vins de cépage tels que Pinot Blanc, Riesling, Pinot Gris, Gewurztraminer et Pinot noir, secs ou sucrés se sont des vins de fruits, légers et délicats.
Nos vins « schiste excellence » raviront, quant à eux, les initiés et les connaisseurs de vin.
Vous pourrez retrouver dans cette gamme, nos Rouges d’Albé « Schrann » et « Steinacker » issus du cépage Pinot Noir. Ces lieux dits, révélateurs de notre terroir, offriront à nos vins une belle minéralité ainsi qu’une élégance sans pareil.
Nous vous y proposons également des vins de caractère, élevés en fût tel que la Barrique de Hongrie ou encore notre Riesling Steinacker.
Au domaine, nous affectionnons tout particulièrement les vins atypiques. Permettez-moi de vous citer notre fameux « GS », issu du cépage Sylvaner. Les raisins y ont été cultivés en sur maturité afin de vous offrir, à la dégustation, une expérience sensorielle et gustative unique.
Un autre vin novateur : le « Pipi d’ange », une cuvée unique, qui rien que par son nom vous révèle toute son originalité et sa personnalité exceptionnelle.
 
Thomas, c’est quoi pour toi un bon vin ?
Je ne pense pas avoir la prétention de pouvoir vous apprendre ce qu’est un « bon vin ».
C’est un choix propre à chacun. Il se doit d’être agréable, de nous séduire lors de la dégustation, de répondre à nos propres exigences en matière de goût, de texture, d’équilibre.
Disons que si je devais me laisser prendre à mon propre jeu, je dirai qu’un « bon vin » doit me bouleverser, qu’il doit être généreux au sens littéral du terme, il doit avoir sa propre histoire et son caractère.




 
Ton vin préféré venant de ton domaine ?
Ma recommandation se pose sur le Rouge D’Albé Steinacker qui exprime pleinement la particularité de notre terroir de Schiste : minéral, tannique, puissant, d’une robe rouge intense aux notes de cerises noires macérées.
Sa parcelle de vigne à une situation exceptionnelle que j’affectionne particulièrement, où l’on s’attarde volontier pour admirer la nature environnante.



Ton vin préféré venant d’ailleurs ?

Un vin qui, à mon sens, mériterait une attention plus particulière serait le Sancerre. Ce beau blanc de la Loire possède une très belle diversité au niveau de ses sols bien exposés et protégés, tout comme nos vins alsaciens, ce qui favorise la qualité du vin. 
 

Changeons un peu de sujet !
Notre vallée est un petit paradis pour celui ou celle qui le connait bien ! Qu’est-ce qui te plait ici ?

Ce qui me séduit particulièrement dans notre vallée se sont ses paysages dégagés et son cadre naturel exceptionnel. Il me semble important de citer le fait qu’Albé est le seul vignoble de montagne Alsacien.

Ton endroit préféré dans la vallée ?
Il se trouve dans le vignoble albégeois, au lieu-dit Schrann. Les vignes qui s’y trouvent sont celles de mon grand-père. M’y retrouver me ramène en enfance et je me revoie, le sécateur à la main, à tailler nos vignes familiales. Ce lieu est magique de par son histoire mais aussi de par son paysage sauvage.



Si tu étais un cépage, ce serait lequel ? Pourquoi ?
Si je devais en choisir un seul ce serait le Riesling, un cépage qui conjugue personnalité, droiture et nervosité.

Si tu étais un arbre ? Pourquoi ?
Le noyer. J’aime tout particulièrement cet arbre. Il me surprend particulièrement par ses courbes, je le trouve atypique et magnifique.



Si tu étais un pays ? Pourquoi ?
Bien évidemment, la France. Pour sa richesse et sa diversité culinaire.

Quand tu as du temps, qu’est-ce que tu aimes faire ?
De la course à pied, me balader dans le vignoble, un peu de lecture et surtout, prendre du bon temps avec ma famille et mes amis.



Un p’tit mot pour la fin ?
Restez parmi nous, l’année 2021 annonce de beaux projets avec le domaine Thomas K.



Thomas, merci beaucoup pour toutes ces informations et pour ce bon moment d’échange sur ton métier si passionnant !
Bonne continuation et à très bientôt.