Les vendanges

Chaque année, la fin de l’été et le début de l’automne marquent un temps fort pour nos vignerons : celui des vendanges.

Attendue avec impatience, cette période demande autant de préparation que de précision. Derrière chaque verre de vin, il y a un travail de patience, des décisions et un héritage culturel qui remonte à plusieurs millénaires.

Un héritage millénaire

La culture de la vigne remonte à près de 9 000 ans. Les premières traces de vinification apparaissent vers 6000 avant J.-C., mais c’est surtout au Moyen Âge que le vin commence à ressembler à celui que nous connaissons aujourd’hui. À partir du XVIIᵉ siècle, la professionnalisation et la recherche de qualité donnent naissance aux grands vignobles.

Le terme vendanges provient de vendémiaire, le premier mois du calendrier républicain (22 septembre – 21 octobre). Depuis des siècles, la date d’ouverture des vendanges est encadrée par le « ban des vendanges ». Autrefois fixé par les seigneurs, ce rôle est progressivement passé aux autorités publiques. Aujourd’hui encore, chaque région viticole doit attendre la décision préfectorale avant de démarrer officiellement la récolte. Une fois le ban proclamé, les vignerons restent libres de choisir le jour qui leur semble le plus propice.

Quand commence-t-on à vendanger ?

Tout dépend du climat et de la maturité des raisins. Selon les régions, les vendanges peuvent avoir lieu entre fin juillet et mi-octobre. Chez nous, en Alsace, elles s’échelonnent généralement entre septembre et octobre.

Le choix de la date est stratégique : un raisin récolté trop tôt donnera un vin vif et léger, tandis qu’un raisin plus mûr produira un vin plus puissant et tannique.

Deux maturités sont à surveiller :

La maturité technologique, qui concerne le sucre, l’acidité et donc le futur degré alcoolique.

La maturité phénolique, qui touche à la couleur, aux tanins et aux arômes contenus dans la peau et les pépins.

Le vigneron doit trouver le juste équilibre entre ces critères pour déterminer le jour idéal.

Vendanges manuelles ou mécaniques ?

Deux méthodes coexistent encore aujourd’hui :

  • Les vendanges manuelles : traditionnelles, elles mobilisent des vendangeurs armés de sécateurs et de seaux. Le raisin est récolté avec soin et transporté en cagettes jusqu’au chai. Cette méthode permet de préserver au mieux la qualité des grappes et reste incontournable pour certaines appellations.
  • Les vendanges mécaniques : plus rapides, elles utilisent un tracteur viticole équipé d’un système vibrant qui détache les grains. Si la technique permet de couvrir de plus grandes surfaces en un temps réduit, elle reste moins sélective.

Un moment de vie et de convivialité

Au-delà de l’aspect technique, les vendanges sont un véritable temps fort dans nos villages. Elles rassemblent familles, amis et saisonniers venus prêter main-forte.

Trois vignerons à découvrir dans la Vallée de Villé

La Vallée de Villé compte plusieurs domaines passionnés qui perpétuent l’art des vendanges et valorisent nos terroirs uniques :

Domaine Christian Barthel

Ce domaine familial, conduit en agriculture biologique, cultive 14,5 hectares de vignes perchées entre 350 et 500 mètres d’altitude. Son terroir de schistes gris, apporte aux vins une belle minéralité. Trois générations y travaillent ensemble, mariant tradition et innovation.

Domaine Moritz Prado

Jeune domaine fondé en 2018, il est le fruit du parcours international de Ghislain Moritz et Angela Prado. Leur vinification naturelle, utilisant levures indigènes et divers contenants (inox, fûts, amphores), donne naissance à des vins singuliers. Installés à Albé, ils proposent notamment des vins d’une belle originalité.

Domaine Thomas Klein

Créé en 2015 par un duo père-fils, le domaine cultive 9 hectares de vignes sur des sols de schiste. La famille Klein, animée par la passion de la vigne, adopte une démarche « post bio », raisonnée et attentive, de la vigne à la cave. Depuis 2020, le domaine est certifié Haute Valeur Environnementale.