À la découverte de Steige : un territoire marqué par les siècles

Nichée au pied des montagnes, Steige est un village dont l’histoire s’étend sur plusieurs siècles. Son nom d’origine germanique, signifiant « route pentue », rappelle sa position stratégique sur la fameuse route du sel menant vers la Lorraine, parfois appelée « route romaine ».

Un village marqué par les conflits

La guerre de Trente Ans

Comme toute la Vallée de Villé, Steige subit de plein fouet les ravages de la guerre de Trente Ans. En 1633, le village est entièrement détruit et ses habitants massacrés par les troupes suédoises et leurs mercenaires. Une période sombre qui laisse une trace durable dans la mémoire locale.

Du XIXᵉ siècle à 1870 : une croissance spectaculaire

Entre 1800 et 1870, Steige connaît une véritable explosion démographique. En 1866, le village atteint 1 477 habitants, devenant alors la commune la plus peuplée de la vallée.

Le tournant de 1870 : un exode important

Au lendemain de la guerre de 1870 et de l’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand, Steige, francophone dans une région majoritairement germanophone, voit partir de nombreux habitants. Beaucoup se tournent vers les Vosges, attirés par l’essor de l’industrie textile, tandis que d’autres montent à Paris où les Steigeois excellent dans les métiers de la restauration, de l’hôtellerie et comme employés de maison.

Les deux guerres mondiales

  • 1914-1918 : Steige déplore quinze victimes mais subit peu de destructions matérielles.
  • 1939-1945 : seize victimes civiles et militaires sont à compter, ainsi que quelques dégâts supplémentaires.
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Une économie longtemps florissante

Un village presque autonome

De la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle jusqu’aux années 1950, Steige dispose d’un tissu artisanal et commercial très développé, lui permettant presque de vivre en autarcie. Les états officiels de 1885 à 1933 témoignent d’une activité remarquable :

  • commerce de bois,
  • tissage de coton et filatures,
  • moulins et scieries,
  • épiceries-boulangeries,
  • aubergistes, bouchers, coiffeurs, cordonniers,
  • photographes, tourneurs sur bois, forgerons,
  • artisans variés : menuisiers, charpentiers, sabotiers, maçons, tonneliers, tisserands à domicile (jusqu’à 30 % des actifs), couturières, modiste…

La bonneterie : une activité emblématique

Pendant des décennies, la bonneterie joue un rôle majeur, notamment pour la main-d’œuvre féminine. Les ateliers produisent des sous-vêtements en molleton destinés à équiper de nombreuses armées européennes.

Scieries, moulins et forêt

Steige abrita jusqu’à trois scieries et trois moulins en activité. L’exploitation forestière, avant la tempête de 1999, constituait l’une des principales ressources de la commune.

L’école : une institution au cœur du village

Avant que la scolarité ne devienne une affaire d’État, chaque village organisait lui-même l’instruction de ses enfants. À Steige, l’un des premiers instituteurs identifiés est Joseph Bastien (1726-1810), qui enseigne pendant 41 ans. Ses missions dépassent largement l’enseignement : sonner les cloches, chanter aux offices, blanchir le linge de l’église ou encore fabriquer les hosties.

À cette époque, l’école se situe dans un petit bâtiment à l’emplacement de l’actuel presbytère, qui accueille également la mairie.

En 1869, bien avant Jules Ferry, le conseil municipal décide la gratuité de l’école.
L’école des filles est quant à elle confiée à sœur Marguerite Tonnerre, originaire de Senones, jusqu’en 1820.

Pendant de nombreuses décennies, l’établissement connaît une grande stabilité, jusqu’à l’une des évolutions majeures : le remplacement des sœurs enseignantes par des institutrices laïques.

Pour conclure

Ces informations sont tirées du livre « Steige – Notre village, notre histoire », une mine de souvenirs et de faits locaux pour mieux comprendre l’histoire du village.